Un rendez-vous avec la splendeur.
Sur l’avenue Hidalgo, dans le centre historique, on admire les beaux édifices en pierre de taille rose, parmi lesquels se distingue la Cathédrale (1730- 1760) qui porte le titre de Basilique
depuis 1959. Elle est considérée comme l’un des chefs d’oeuvres les plus impressionnants du style exubérant de la nouvelle Espagne. Dominant le cœur de la ville, elle est exceptionnelle par
l’harmonie de sa conception et par la profusion baroque de ses façades où se côtoient des éléments décoratifs européens et indigènes, visibles sur les colonnes abondantes, surchargées d’anges et
de moulures imitant des formes végétales. L’architecte Barcelonais José Benito de Churriguera a donné son nom à ce style baroque appelé Churrigueresque, qui va se développer entre 1730 et 1780.
Il se caractérise par une décoration exubérante dont la « signature » est l’estipite - un pilastre en forme pyramidale très étroite et renversée et qui contribue à donner au churrigueresque
un effet théâtral. La Cathédrale avec d’autres édifices du centre ville est inscrite au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. On visitera : le Palais du Gouvernement, El Mercato, un édifice de
style art nouveau, qui abrite un centre commercial.
Toujours sur l’avenue Hidalgo, le « Téatro Caldderon » est un remarquable joyau architectural, de la ville de Zacatecas. Son emplacement stratégique lui confère une allure royale, son frontispice
sur trois niveaux et son chapiteau lui donnent l’élégance de cette époque classique. Sa beauté est éclatante.
Au-delà de son centre historique, Zacatecas surprend par ses maisons peintes de couleurs vives, un tableau abstrait qui se décline en vert, jaune, orange, mauve, blanc, des teintes brûlées par le
soleil ou encore étincelantes après une averse et qui étonnent par leur éclat.
Flâner dans les rues de Zacatecas demande un effort, mais réserves d’heureuses surprises : Outre les merveilles architecturales, on y découvre des passages où fourmillent les artisans et les
vendeurs de toutes sortes. Vous aurez envie de chausser les belles bottes en cuir, spécialité de la ville, ou encore envie de garnir votre table avec de magnifiques plats en argent, ou en étain,
acheter quelques beaux bijoux. La fraîcheur de ses rues étroites et pentues, aux balcons abondamment fleuris, vous plongera au cœur de l’époque coloniale, avec des rues aux noms évocateurs comme
« l’Indien triste «
Le soir venu à nouveau sur l’avenue Hidalgo, des restaurants grands ouverts sur la rue offrent les repas préparés devant vous. C’est bon et c’est pour trois fois rien. Zacatecas se souvient aussi
de ses « dorados », ces cavaliers révolutionnaires dont les photos et surtout celles de leur chef, Pancho Villa, s’étalent sur les murs des bars, les « cantinas », courues par les touristes.
Aller vers des placettes ombragées et fleuries où murmure l’eau des fontaines, où des bancs en fonte attendent les étudiantes en quête de fraîcheur et de calme; les passages étroits et les
marchés en plein air sont nombreux : Vous goûterez aux figues de Barbarie, il en existe de différentes variétés, des oranges, des jaunes, des verts, rouges. Pour en apprécier la saveur il faut
qu’elles soient mûres. Ce fruit couvert d’épine pousse au sommet d’une feuille de cactus, elle-même couverte d’épines. Avec sa pulpe, on cuisine un dessert sucré, brun, que l’on coupe en carré…
C’est délicieux.
L'hôtel Quinta Réal avec en deuxième plan le célèbre
aqueduc.
La cité offre quelques hôtels absolument magnifiques : Le Quinta Réal baâti au 19e siècle autour d’une aréna à proximité d’un aqueduc lui-même très ancien. L’effet est spectaculaire, lorsque
notre Dame de Fatima s’inscrit dans une des arches. C’est un pur bonheur que de souper le soir devant un tel décor.
La Meson de Jobito
« La Meson de Jobito » construit sur le modèle des haciendas compte seulement 53 chambres, mais affiches 250 fenêtres! Chaque chambre est unique, avec sa porte privée ouvrant sur l’extérieur.
L’histoire de cet hôtel nous dit que chaque chambre abritait jadis une famille qui travaillait pour le seigneur et propriétaire de l’hacienda, d’où l’origine d’une entrée privée pour chaque
chambre. Une pure merveille!
Enfin El Bosque, au sommet d’une montagne. Des unités avec terrasse individuelle avec en cadeau, la ville à vos pieds!
Le clou
Le clou du voyage est certainement : « Las Morismas de Bracho »
Pendant des siècles et des siècles, l’Espagne des Chrétiens des Arabes et des Juifs, a développé une des cultures les plus brillantes que le monde ait connu. Puis les Chrétiens ayant pris, seul
le pouvoir, chassèrent de la Péninsule, sous prétexte d’assurer la pureté de leur sang et de leur religion, les juifs puis les Arabes, appauvrissant ainsi leur propre culture, jusqu’à la rendre
exsangue… Il y a, pour chacun, quelques réflexions et leçons à apprendre de ce drame historique. (Juan Goytisolo, écrivain espagnol)

Pour commémorer la victoire des Chrétiens sur les Maures, les habitants de Zacatecas ont imaginé une Bataille cosmique qui n’a rien à voir avec les « Morismas » des autres pays, elle dure
trois jours de l’aube jusqu’au coucher du soleil et se termine le dernier dimanche du mois d’août. Charlemagne dirige les Chrétiens, Mahoma les Maures. Sont aussi en scène : Don Juan d’Autriche,
Philippe III d’Espagne, le chevalier Rolland.
Un poème archaïque
Six mois de préparatifs, deux mois de répétitions- une tonne de poudre- pour les fusils et les canons, une organisation bien rodée.
Aujourd’hui à Zacatecas, se vit chaque année un spectacle fascinant de création le plus important au monde dans son genre. Un théâtre avec plus de 12.600 acteurs, 3000 compagnons et un témoin
d’importance : Un passé lointain, étranger, transformé, sublimé en une représentation baroque empreinte de foi, adaptée à notre siècle par l’intense passion de toute une ville. Un véritable poème
archaïque qui rassemble la famille entière, grands-parents, maris, femmes, enfants y compris les nouveaux-nés. Un drame, où les repères, dans le temps et l’espace s’inventent selon l’imagination
de chacun.

Dans toute la ville et dans chaque foyer, il règne une effervescence
inimaginable. Devant nous, un tableau d’un réalisme frappant, hors du temps, tout droit sorti d’une page de la bible ou de l’imagination débridée d’un peintre. Une pièce inattendue d’une richesse
inouïe se joue sous nos yeux. Tout est là : le son des clairons, le roulement des tambours. Le rythme des pas sur les pavés, le bruit sourd des canons, celui des mousquetaires, l’odeur de
la poudre. Un fleuve chatoyant coule sans fin dans les rues étroites. Les nuages de fumées, la pluie, le vent, l’éclat des épées, les baïonnettes au bout des fusils, les bébés en costume
dormant dans les bras de leurs parents guerriers. C’est le rituel populaire d’une bataille traditionnelle ayant opposé les Chrétiens et les Maures, il y a des siècles en Espagne.
C’est aux pieds des collines de Bracho, à quelques kilomètres de Zacatecas, au fil des ans, qu’une ville est née. Sur une vaste esplanade surmontée de deux collines, des tentes et des maisons
rapidement bâties servent aux préparatifs pendant toute l’année et aussi de résidences secondaires. En ce lieu, se créent avec une infinie patience, de somptueux costumes, qui ne s’inspirent pas
nécessairement de l’époque. Les Mexicains disent que leurs ancêtres leur ont toujours dit que s’il fallait absolument respecter cela, il faudrait aussi marcher sur la mer !

Les répétitions d’une bataille du bien contre le mal qui donne la victoire aux Chrétiens pour un théâtre vivant libérant les émotions et qui conduit au respect et à l’acceptation des traditions
des deux camps. Un père et une mère « Chrétiens » donnent la main à leurs enfants « musulmans » et combattent dans les camps différents. « La Morismas » est un phénomène socioculturel très
complexe où s’évacuent aussi les violences faites à ce peuple par les espagnols conquérants.

L’évènement se déroule sous la protection de la confrérie San Juan
Baptista, et c’est sur le parvis de son église que l’on assiste à un spectacle païen.
Une page de l’histoire avant que les Rois Catholiques de l’Andalousie ne décident de conquérir à leur tour le Mexique, afin de christianiser les Indiens du Nouveau Monde. Ici la mémoire se
perpétue dans un spectacle fascinant.
Dans les coulisses :
La Morismas de Bracho attire chaque année de plus en plus de visiteurs, tant ils sont attirés par cette étonnante fresque.
Plus de 14 000.00 spectateurs incluant les habitants de Zacatecas s’installent sur les collines guettant le moment où Chrétiens et Maures s’affrontent en « vers et en Prose », mais aussi en «
corps à corps »
Est-ce que tous veulent être du côté des gagnants? Non, disent-ils. Ceci est un théâtre que nos pères nous ont laissé en héritage, nous en respectons toutes les traditions.
Les Maures :
C’est en Espagne sous l’occupation Maures, que les « Morismas ont été fondées en 1622 pour rappeler la participation du prédicateur Juan
Bautista, en Lepanto, dans les combats entre Turcs et Mahometanos.
Ce nom de Maures s'est appliqué dans l'histoire à plusieurs groupes ethniques.
Les plus connus sont les Maures de Corses ou Barbaresque qui accostaient sur l’île afin de voler les Corses pour en
faire des esclaves,(824) et les"Maures d'Espagne" qui envahirent l'empire Wisighot (germanique) d'Espagne en 712 après JC.
Ils ont à leur tête Mousa, Calife du Magreb, qui mit 5 ans pour vaincre
les Goths et conquérir l'Espagne.
Mais les Wisigoths chrétiens s'unirent pour mener la lutte contre les Maures au début du XIe siècle et en janvier 1492, après une résistance farouche Grenade, le dernier bastion musulman des
Maures d'Espagne, tomba aux mains des rois catholiques mettant fin à sept siècles de présence musulmane en Espagne.
La domination arabe prit fin.
Les Maures vaincus restèrent encore en « Andalous » durant plus d'un siècle. On les appela « Morisques » et Philippe III devenu roi d'Espagne les chassa un par un
de ses Etats de 1609 à 1610.
Il semblerait que près de 1 million d’individus quittèrent l'Espagne pour se réfugier en Afrique, en Turquie et même en France. Après les musulmans, la reine
expulsera aussi tous les juifs d'Espagne. Les années qui suivirent furent le théâtre de longues traques à l'intérieur du pays à la poursuite des hérétiques et autres mauvais convertis. L'Espagne
entière trembla.
Ces nouvelles conquêtes allèrent à la Castille qui s'affirmait comme le royaume le plus puissant de la péninsule, celui qui fournit par la suite les hommes et l'argent à toute expédition
d'envergure…Vers la découverte du Nouveau Monde.
Le musée Pedro Coronel. Important pour sa collection de peintures et de masques.
Faire un tour de
téléphérique au-dessus de la
ville, jusqu’au fort situé en haut
du mont qui surplombe Zacatecas.
La mine d’argent El Eden avec un petit train.
Site : tel : www.quintareal.com.mx. 978-5818
Hote - Héroes de Chapultepec 801, Col. La Escondida, 98054, Zacatecas -
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