À travers les canyons mexicains

par Anne Antomarchi  -  3 Juin 2006, 15:44  -  #Voyages- Art et Société.

C'est l'heure du départ, nous quittons la station Divisadéro...et toutes ses beautés...je n'oublierai jamais la vision grandiose des canyons, et surtout le regard des indiens Tarahumaras, les jeunes mères, les enfants....
Que veux tu? semble dire la beauté de ce regard noir...

L'insouciance, les jeux...de la tendre enfance et le poids du monde sur ces jeunes épaules...

 












Depuis Divisadéro, avant de prendre le train une excursion à Creel (à 45 Km de Divisadéro ) s'impose:
Perchée à 2330m d’altitude, au milieu des sommets de la Sierra Madre et entourée d'une forêt de pins, Creel est peuplé par les Indiens qui y tiennent des commerces d'artisanat. la ville c'’est un monde à part. Comme sortie d'un film western des années 50, Il faut voir sa longue rue et ses maisons basses peintes de mauve, de jaune.
À l’ombre des hauts vents, sur les trottoirs en bois, les jeunes Indiennes, aux tresses entremêlées de rubans colorés, attendent le touriste à l’entrée de leurs échoppes. Elles offrent: des hauts blancs confectionnés avec des tissus assemblés à la façon « des courtes pointes», des vestes de laines tissées à la main, des tambours, de la poterie, des poupées de toutes les sortes, des meubles sculptés.
Dans cette rue, une enseigne Coca Cola, incroyable non?

Sur les placettes ombragées,
Les femmes Tarahumaras se rassemblent pour faire du tissage, sur des métiers en bois anciens.
Elles tressent aussi de jolis paniers en vannerie, pendant que  dans des couffins, les derniers-nés, dorment, indiférents à l'agitation qui règne autour.
Au bout de la rue, une petite église à l’architecture simple et naïve, dont le clocher jaune se détache avec éclat dans le ciel d’un bleu parfait, se distingue par son élégance.
Soudain c'est le choc des cultures! deux jeunes et jolies adolescentes, élégamment vêtues
à l'occidentale! à la toute dernière mode, surgissent et se laissent photographier avec  un plaisir évident. On a du mal à imaginer qu'elles habitent dans ce coin perdu! Creel est le point de départ de nombreuses excursions: à pied, à cheval, en 4X4
en bus, seuls ou avec des guides.

Par exemple visiter la mission San Ignacio de Arareco, située à 10 km environ de Creel...et à 25Km plus loin, la chute Cusarare.
Nous quittons Creel pour la Mission Cusarare.
Cette journée là, le village était en deuil; l'église est à voir, de très belles fresques anciennes sont visibles, mais ce jour là, il n'était pas possible de faire des photos....le cercueil étant exposé dans le coeur de la chapelle.
Les femmes attendent la sortie du cercueil
Le cortège se dirige vers le


cimetière qui est tout proche, on peut le distinguer sur la photo, il est accroché à flanc de montagne, juste de l'autre côté du mur de pierre, qui est à vrai dire, est un véritable  rempart qui entoure le village
Les tombes sont identifiées par une simple croix de bois.
Les femmes, et les enfants suivent les hommes qui sont en tête du cortège. La coutume veut que l'on doive apporter des victuailles aux morts. Chaque femme indienne a un sac de provisions dans ses mains. Le chien aussi est de la cérémonie, mais je ne peux pas dire quel maître il suivait.
Quelques scènes du village: c'était le printemps et les pommiers et les cerisiers étaient en fleurs. Inattendu: la terre est grise, gris ausi le village en entier.
Bien qu'il soit entouré de forêts magnifiques, le village semble manquer d'oxygène...et d'eau.
..cela fait une drôle d'impression.
Les Indiens ne cherchent pas à faire "joli".. les préoccupations des habitants sont ailleurs;(leur survie) seuls, quelques morceaux de tissus colorés sont accrochés aux fenêtres en guise de rideaux. Les animaux, poules, cochons, brebis ont la chance de se promèner en liberté.
On a l'impression que chacune des habitations ne sera jamais terminée...et que le temps ne se compte pas.
T
out est gris sauf les vêtements des indiens...qui éclaboussent de couleurs ce village poussiereux.
Les longues jupes brodées, multicolores, les corsages fleuris; les tresses de rubans, sont un heureux contraste dans le paysage terne, mais non dénué de beauté. Les vêtements des enfants sont beaux, mais ils sont vite salis par la terre dans laquelle ils jouent.
Les indiens vivent de l'élevage de porc, de moutons, d'agriculture et de la vente de produits artisanaux. Les touristes ne sont que rarement sollicités.


Le frère et la soeur regardent passer le cortège.


















Le chemin qui mène à la chute est agréable, il est bordé sur toute sa longueur de plus de 5 Km, par une jolie rivière, encaissée au milieu de rochers gigantesques et de forêts sauvages.                                                  Tout le long du parcours on rencontre les Indiens Tarahumara, ils présentent leurs produits sur le bord du sentier, sur les rochers ou à l'intérieur des grottes. La plupart se tiennent loin de leurs créations, il faut les appeler et leur montrer ce qui nous intéresse.... ils font semblant de ne pas voir le touriste.
Des groupes de femmes lavent leur linge à la rivière, et le font sécher sur des cordes attachées d'un arbre à l'autre.                                              
On admire la rivière dont le niveau baisse au fur et à mesure que l'on approche de la chute. des femmes lavent leur linge à la rivière et l'étendent sur des cordes attachées d'un arbre à l'autre. D'autres posent sur des rochers et demeurent immobiles lorsque l'on passe devant elles.
Enfin la chute Cusarare...  déception: elle est presque à sec en cette saison.
Une grotte habitation est visible sur les photos, tout au bord de la chute; les membres d'une famille sont dehors.
La femme lave le linge dans la rivière avant qu'elle ne se transforme en chute
Le reste de la famille, le père, les enfants, frères et soeurs,  prennent du bon temps à l'ombre des grands arbres...et boivent des rafraîchissements. Les indiens Tarahumaras, possèdent plusieurs habitations: grottes aménagées dans les profondeurs des rochers,
maisons construitent en bois sur des plateaux, d'autres dans des vallées. La famille indienne voyage de l'une à l'autre des habitations et les habite selon les saisons. Les animaux domestiques suivent. Mais ils sont toujours loin de tous les services auxquels, nous occidentaux sommes habitués: cliniques médicales par exemple...offerts dans les villes..Lorsque quelqu'un tombe malade..il consulte tout d'abord le Chaman de sa région ( dans quelques semaines un reportage sur le sujet)
EL CHEPE: Cette fois c'est vrai, nous quittons Divisadero, Creel, Cusarare et San Ignaccio di Arareco... pour la mer de Cortez à Los mochis. Le train est l’autre moyen pour pénétrer la Sierra Madre, une région si sauvage qu'elle mena la vie dure aux conquérants, mais qui épargna les Indiens réfugiés dans ses gorges.
Cette oeuvre d'ingénierie longue de 655 Km est reconnue comme étant le plus grand exploit ferroviaire du XXe siècle: Il a fallu 90 ans pour construire dans un dans un labyrinthe de canyons, 89 tunnels et 39 ponts. ll grimpe à son plus haut, jusqu'à 2 461 m au-dessus du niveau de la mer.
Le révolutionnaire lui même Pancho Villa a participé au chantier.
On retient son souffle, lorsque "El Chepe" Che Chihuahua- Pe comme Pacifico, s'engage dans les canyons vertigineux, lorsqu'il rase les parois rocheuses. Il zigzague jusqu'au fond d'une vallée où s'épanouissent les plantes tropicales: des cactus, des plantations de manguiers et de bananiers, des palmiers voyageurs, des orangers, citronniers; là, près d'une rivière qui brille au soleil, noyée dans une nature tropicale, une ferme et ses brebis dans l'enclos; ici une masure bleue. Des enfants qui jouent. Plus bas encore de limpides cascades, un lac scintillant.
De falaises en précipices et de ponts en tunnels, téméraire, la voie ferrée frôle le bord de l'abîme, descend au creux de gigantesques failles, longe les canyons, traverse des ponts métalliques avec plus de 1000m de vide sous les rails.
Aux arrêts, sur les quais, les Indiens proposent leur artisanat, des oranges.
Quel contraste! J'ai l'impression
de passer de l'hiver, à l'été en
passant par le printemps, de me  situer tour à tour dans le nord de L'Amérique puis dans le Sud... en quelques heures... j'admire les forêts de pins, les chênes, les arbousiers, puis les terres arides où pousse une variété de cactus, d’agaves, où seuls quelques aigles planent, décrivant des cercles sans fin. 
Quelques photographies prises depuis le train en marche. Il est difficile de réussir des photos depuis le train en marche...pardonnez moi
Je vous les présente tout de même sachant qu'elles donneront une idée des magnifiques paysages traversés. Si quelqu'un à des suggestions concernant les prises de photos... je suis à l'écoute. le train
en 1e et 2e classe est très confortable. Captivée par l'attrait des canyons j'ai passé presque toute la durée du trajet debout à la fenêtre ouverte. L'exprience fut riche en émotions! El Divisadéro- Loc Mochis est  de l'avis de tous les connaisseurs, le plus beau trajet en train...
Pratique:    
-Où ?
Dans l'État de Chihuahua, Nord du Mexique le parcours du train:
-Chihuahua-Los Mochis.
                                        
-Visiter la ville de Chihuahua et son musée
(Bientôt de très belles photos des fresques)
-Visite du site archéologique de "Paquimé"
S'il vous plait à voir absolument au lever du jour..(Des photos pour bientôt)
                                                                                                                                                                             
 
-Visite du potier Juan Quezada au village de Mata Ortiz, un centre unique qui regroupe au delà de 300 potiers.

Les oeuvres de Juan sont dans les plus grands Musées.

-Tarifs du parcours en trainù;
Seconde classe $8.00 canadien
Première classe: $ 40.00 canadiens.
Hôtel à El Divisadéro:
-Hôtel Mirador, Barranca del Cobre.
-Tel : +52 (668) 818-7046
-E-mail:
hotelsbal@mexicoscoppercanyon.com
Ce palpitant voyage ferroviaire au coeur d'une nature grandiose m'a laissé un souvenir impérissable. Des lieux d'une beauté inimaginable, où l'air est vif et le silence profond, comme un film muet projeté sur l'écran de l'immensité où jamais n'apparaît le mot fin.





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Midò Muziotti 21/09/2013 16:14

Merci de nous faire voyager à travers vos jolis textes et des photos magnifiques.

Midò Muziotti 21/09/2013 16:25

Merci de partager avec nous les belles choses que vous rencontrez lors de vos voyages. Basgi

Antomarchi Anne 21/09/2013 16:19

Merci beaucoup Mido au plaisir, Anne

anne Antomarchi 23/11/2008 05:59

Bonjour Astrid, merci pour ta visite, tu vis à Chihuahua! je vais faire un tour sur ton site, je devrais refaire la composition de ce reportage, mais j'ai changé de design et tout c'est mis de travers-- tu devrais faire une visite à Zacatécas, va voir mon reportage la Bataille cosmique de zacatecas.. je vais mettre un lien vers ton site si tu veux faire l'échange? au plaisir de te reparler.. Anne

Astrid 23/11/2008 03:05

Quel plaisir de lire votre article. Je vis à Chihuahua depuis un peu plus de deux ans et j'ai souvent visité Creel et la sierra Tarahumara. C'est vraiment des endroits que j'adore. Superbes photos !!!

Tatyana 07/08/2006 04:02

Bonjour, Anne. Toute ma famille et moi ont parcouru avec plaisir tous vos textes. J\\\'ai lu le texte  "À travers les canyons mexicains". Il m\\\'a plu beaucoup, parce que je veux aller regarder Mexique. Il resta peu des places par la terre où les gens vivent par de vieilles coutumes. Ce m\\\'est intéressant. J\\\'en lisant l\\\'article moi comme avec vous voyageait dans Mexique. Vous écrivez très bien. Merci.
P.S. Anne, le 8aout à 9h45,  j'ai un rendez-vous chez le dentiste.Je serai en retard.
À mardi.Tatyana.