L'Esprit Feltrinelli.

par Anne Antomarchi  -  7 Juin 2006, 17:13  -  #Voyages- Art et Société.


Villa Feltrinelli, où La Dolce Vita à l’italienne

  (Secret dévoilé nous sommes au Lac de Garde)                                                                                Par Anne Antomarchi
                                                            

…«Tout le monde croit que je suis canadien français.
Parce que moi,  je rêve, je ne le suis pas.
Personne n'a le droit de dire que je ne suis pas italien. L'Italie, c'est trop beau pour n'appartenir qu'aux Italiens...»
Jean-Claude Lauzon, dans: Léolo…

Jean Claude Lauzon, cinéaste Québécois dit que la part du rêve est  possible pour tous.
Au bord du lac de Garde, le plus grand et le plus romantique des lacs italiens, dans cet éblouissant coin de méditerranée, né comme par enchantement au pied des dolomites qui a de tout temps charmé les poètes et les écrivains, se dresse villa Feltrinelli et son  élégante façade ocre crénelée de gris.
Comme surgis d'une légende étrusque, on peut y surprendre quelques fantômes, y rencontrer quelques héros hantant les pages d'un roman de D.H. Lawrence. L’auteur du scandaleux « Amant de Lady Chatterley» décrit la somptueuse Villa dans  ses romans : Women in Love et Crépuscule en Italie.
….. Sentir l’ombre de Sir Winston Churchill planer dans l’immense Parc : avant d’être l’homme célèbre de la deuxième guerre Mondiale, il était un journaliste et un aquarelliste de grand talent; grand voyageur, il fréquentait la Villa qu’il peignit à plusieurs reprises.
Y surprendre des secrets...Benito Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci habitèrent la Villa pendant le temps que dura la République socialiste de Salò sur le lac de Garde. Leur relation passionnée se termina dans la mort : le  28 avril 1945, au cours d'une tentative de passage en Suisse, ils sont capturés par des partisans et exécutés; Clara qui elle, n'avait été ni jugée ni condamnée, s'est jetée dans les bras de son amant au moment précis ou le coup de feu allait l’atteindre, ils moururent dans les bras l'un de l'autre. Leurs cadavres nus, pendus par les pieds seront exhibés sur une place de Milan.
Ces murs révèlent aussi des histoires touchantes : Un descendant du premier propriétaire de la villa, Gianfranco Feltrinelli, éditeur, reçu un jour de 1957,  le manuscrit d’un roman alors interdit en Russie : le très célèbre «Docteur Jivago « œuvre maîtresse de l’écrivain et poète russe Boris Pasternak. Malgré les fortes pressions du parti communiste italien et de la Russie, l'éditeur                tint bon et publia le roman. Il fut le plus grand Best-seller du XXe siècle et traduit en 18 langues. Il raconte l’histoire  d’une passion impossible entre Youri et Lara emportés par le chaos de la révolution russe. Boris Pasternak reçu l’année d’après le Prix Nobel pour l'ensemble de son œuvre. Contraint de refuser le prix, il meurt désespéré en 1960.
Lara l’héroïne inoubliable de son roman, est indissociable de la Chanson qui accompagne le film de David Lean.
Un Eden suspendu entre lac et montagne.
C’est en 1892 que Faustino Feltrinelli, d’origine modeste, et magnat du transport ferroviaire, fit construire, par l’architecte Milanais Alberico Barbiano di Belgioioso, sa résidence d’été et simplement lui donna son nom. On raconte qu’il avait refusé d’employer du marbre dans la maison, car l’effet luxueux de ce matériau le dérangeait.
Délaissée par les héritiers, la villa fut vendue par la suite à la famille Mussolini, jusqu’au jour où un anglais, Mr. Robert Burns tombe sous le charme et l’achète en 1997. Une étroite collaboration s’installe immédiatement entre lui et les autorités municipales, un conservateur de Musée, et la petite fille de Mussolini afin de faire respecter les lois sur la restauration du patrimoine…et d’intégrer avec harmonie plus de cent cinquante pièces de mobilier ancien, au décor actuel de la maison. Quatre années seront nécessaires afin de mettre en lumière la beauté originale de cette magnifique demeure.
-De l’artiste verrier Vénitien  Venini  on admire: les lustres et les appliques, les soieries sont de Rubelli.
-L’éclectisme architectural règne dans cette maison où les loggias Renaissance côtoient les fenêtres et les vitraux de style néo classique  Vénitien.
-Monsieur Burns, a chassé toute idée de modestie et en a fait une villa somptueuse. La décoration de style Liberty signée par la plus grande maison de design de San Francisco : Pamela Babey and Babey Moulton Jue and Booth, donne un résultat éclatant et ajoute à sa splendeur d’origine.
-Les tuiles de ciment peintes du hall d’entrée sont d’une rare beauté, et caractéristiques de l’époque de la construction de la villa.
- Rien ne fût laissé au hasard, les parquets en bois sont de style Versailles, et incrustés de bois d’ébène; les murs en faux marbre peints, tels qu’ils étaient à l’origine, les miroirs dorés à l’or fin, les plafonds à caissons ornés de moulures et de fresques; l’escalier de pierre et les vitraux furent restaurés dans l’esprit du siècle  par huit jeunes femmes, artistes diplômées des beaux arts.
-L’atmosphère un peu vieillotte et sévère crée par le style néo gothique des meubles d’époque, fut considérablement rajeunie par l’ajout de pièces contemporaines.
-Le bâtiment dégage de l’extérieur, une impression d’harmonie, d’équilibre, et d’élégance, propre au style néo gothique et s’intègre parfaitement à la nature environnante. Voici donc pour le plaisir des yeux, villa Feltrinelli; bien qu’elle fût, par le passé, le témoin  de drames déchirants, elle est aujourd’hui habitée par une douceur de vivre que rien ne saurait plus troubler.
Campée dans un parc immense s’étageant en pente douce jusqu’aux berges argentées du lac, Villa Feltrinelli, aujourd’hui paisible, entourée d’arbres séculaires : oliviers, chênes, hêtres, ifs et châtaigniers, est un véritable enchantement; on admire et on apprécie l’ombre de ses profondes allées les jours de chaleur; les pauses sur les rives du lac lorsque la magie, au loin, se lève avec le brouillard sur les cactus, les bougainvilliers, les figues de barbaries. Les citronniers sagement alignés dans les limonaiï dressent leurs colonnes caractéristiques dans cette symphonie de roches surplombant le lac, les collines en terrasses, les sentiers et les routes panoramiques qui serpentent au milieu de riantes vallées où l’air embaume de senteurs enivrantes,  depuis plus de cinq siècles.
Cette splendide demeure est la mémoire des vivants et la gardienne de riches souvenirs. Pour qui sait les entendre, ses murs résonnent encore de pleurs retenus, mais aussi de bonheur éprouvé, de joies ressenties, de rires entendus.
Chantée par les plus grands poètes, Villa Feltrinelli, fut le théâtre où de grands hommes d’état ont tenté d’y refaire le monde. Dépositaire de secrets elle les chuchote  comme autant de richesses à partager.
Le Hall : trompe l'oeil sur les murs. L'escalier: vitraux et fresques. Les tuiles du hall en ciment peintes à la main.
Le boudoir avec ses murs en miroirs et les aquarelles de Sir Winston Churchill

Tous les fastes d’un style Liberty…
Profonds fauteuils  de plume, frangés de soie, chaleur des boiseries de noyer percées de miroirs, gravures qui courent sur les murs comme autant de souvenirs personnels, tout concours au farniente et à l’intimité.

Chambre :
Un luxe discret et un graphisme  surprenant découpe les fenêtres qui rappellent les hublots d’un navire.
Les draps qui habillent les lits sont de la société Frette.














Le soleil dessine des miroirs d’argent sur l’eau du Lac. Des jours remplis de promesses pour cette demeure, les nouveaux occupants y veillent. La perfection alors n’est pas un hasard, elle respire avec le talent et la beauté, chaque moment qui passe….et qui sait ? ...entendre les murmures soufflés par le vent du soir sur les terrasses fleuries de lauriers flamboyants…ils racontent que les flots argentés cachent dans leurs profondeurs un trésor inestimable : l’or du Duce. ..qui ne fut jamais retrouvé...On le cherche encore.








L'allée où s'est promené Sir Winston Churchill.
Il faut savoir que:

Des lettres écrites par le dictateur italien Benito Mussolini en 1937 à sa maîtresse Clara Petacci, et conservées dans les Archives d'Etat ont disparu de manière mystérieuse.
Selon la presse italienne.La disparition a été découverte à la mi-décembre 2002 lors d’un contrôle de routine du responsable des archives. Constatant cette absence, les Archives ont "mobilisé les 170 employés pour chercher ce dossier, dans chaque recoin, mais il y a plus de 100 Km de documents...encore une histoire à suivre...
 

Idée, recherche, stylisme des photos, rédaction et production Anne Antomarchi
Pour ce reportage les photos de N. Ruel.

Aurevoir ...je m'absente, je pars pour deux semaines, en revenant je vous raconterai mes aventures... ne m'oubliez pas... Anne

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Anne Antomarchi 18/08/2006 04:38

Bonsoir Gala , merci pour ton commentaire c'est gentil
Anne

Gala 18/08/2006 03:05

Cet article raconte les histoires  nostalgiques qui touchent le coeur  d’un grand parti des européens. L’architecture de la Villa me rappelle celle des villas en Monténégro au bord de l’Adriatique, maintenant c’est  un endroit touristique très beau que j’ai visité une foi….    Et je ne savais pas que Churchill était un aquarelliste !
 


 

Gala
 

Gala Derhachova 18/08/2006 03:03

Cet article raconte les histoires  nostalgiques qui touchent le coeur  d’un grand parti des européens. L’architecture de la Villa me rappelle celle des villas en Monténégro au bord de l’Adriatique, maintenant c’est  un endroit touristique très beau que j’ai visité une foi….    Et je ne savais pas que Churchill était un aquarelliste !
 


 

Gala
 

Gala Derhachova 18/08/2006 03:02

Cet article raconte les histoires  nostalgiques qui touchent le coeur  d’un grand parti des européens. L’architecture de la Villa me rappelle celle des villas en Monténégro au bord de l’Adriatique, maintenant c’est un endroit touristique très beau que j’ai visité une foi….    Et je ne savais pas que Churchill était un aquarelliste !
 


 

Gala