Pêche à l'esturgeon: Moscou propose un moratoire en mer Caspienne

 

MOSCOU (AFP) - La Russie propose à tous les pays riverains de la mer Caspienne d'introduire un moratoire d'au moins cinq ans sur la pêche à l'esturgeon, a indiqué mercredi le chef de l'Agence russe pour la pêche cité par les agences russes.

"Nous proposons de déclarer un moratoire sur la pêche à l'esturgeon d'au moins cinq ans à nos partenaires de la Caspienne" (Turkménistan, Iran, Kazakhstan et Azerbaïdjan), a déclaré le chef de l'agence Andreï Kraïni cité par l'agence Ria Novosti.

"La nature doit se reposer, les pertes pour nos budgets ne seront pas énormes, mais nous pouvons gagner beaucoup: donner un avenir aux esturgeons", a souligné le responsable.

"Nous sommes prêts à renoncer à la pêche à l'esturgeon même à des fins scientifiques", a-t-il ajouté. 90% du caviar mondial provient de la pêche en mer Caspienne mais l'élevage de l'esturgeon commence à se répandre et représente 5% de la production mondiale de ces précieux oeufs.

Astrakhan, ville portuaire vétuste sur la Volga en amont de la mer Caspienne, était jadis célèbre pour ce mets de choix. Mais le marché fait aujourd'hui l'objet d'une vigoureuse reprise en main des autorités russes, soucieuses d'empêcher cet élégant poisson, qui fut contemporain des dinosaures, de disparaître.

Sous le manteau, les précieux grains noirs y sont cédés pour 20.000 roubles le kilo (546 euros), contre 30.000 roubles (818 euros) dans les magasins. Bien qu'officiellement protégé par les pays riverains de la Caspienne (Russie, Turkménistan, Kazakhstan, Iran, Azerbaïdjan), l'esturgeon est loin d'être tiré d'affaire. M. Kraïni avait récemment admis que le chiffre d'affaires du trafic de caviar et d'esturgeon atteignait un milliard de dollars par an en Russie en dépit de lois qui le rendent "aussi dangereux que celui de la drogue".

Les chiffres les plus alarmants sont ceux de l'ONG Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund, WWF): selon elle, la population d'esturgeons de Caspienne a été divisée par 38,5 fois en 15 ans.

Les Nations unies ont lancé en novembre une base de données informatisée qui doit permettre de mieux retracer l'origine du caviar vendu sur le marché international et de lutter contre le commerce et la pêche illicites.

L'exportation de tous les types de caviar a été interdite en 2006 afin de lutter contre le braconnage et le risque de disparition de l'esturgeon.

(Copyright AFP)

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